Nitide / Guides

Code QR GS1 ou code QR ordinaire : ce qui change

Un code QR GS1 est un code QR dont l'adresse suit une règle précise : elle contient le numéro de produit (GTIN) de votre code-barres. Le téléphone ouvre votre page produit, et une caisse prête pour le 2D lit le numéro sans passer par internet.

Mis à jour le 22 septembre 2026 · Lecture de 9 minutes

Deux codes qui se ressemblent

À l'œil, rien ne les distingue. La différence est dans l'adresse : scannez un code, et si le lien contient /01/ suivi de 14 chiffres, c'est un code QR GS1.

Un code QR marketing mène à une page d'accueil, à un lien raccourci ou à une campagne. Il ne contient pas de numéro de produit, et une caisse n'en tire rien : GS1 Canada rappelle qu'une marque qui en utilise un doit aussi garder un code comme l'UPC-A pour le point de vente. Le code QR GS1, lui, porte le même GTIN que votre code-barres : il identifie le produit et il ouvre une page.

Code QR ordinaireCode QR GS1
Ce qu'il contientN'importe quelle adresse webUne adresse qui inclut votre GTIN, selon la norme GS1 Digital Link
Sur un téléphoneOuvre la pageOuvre la page
À une caisse prête pour le 2DRien d'utilisableLit le GTIN, sans internet
Le code-barres reste ?OuiOui

Ce que contient l'adresse

https://id.votremarque.ca/01/09506000134352

On peut ajouter, dans cet ordre, le lot (/10/) puis le numéro de série (/21/). La date d'expiration (17, au format AAMMJJ) se place après un point d'interrogation. Ici, lot L0925 et expiration le 31 décembre 2026 :

https://id.votremarque.ca/01/09506000134352/10/L0925?17=261231

Un lot ou une date change à chaque production : le code doit alors être imprimé sur la ligne de production, précise GS1 Canada. Et chaque caractère ajouté grossit le code. Pour commencer, le GTIN seul suffit. Un détaillant ne peut d'ailleurs pas exiger le reste : c'est la marque qui décide.

Un code, deux lectures

Une caisse ne traite pas ce code comme un lien. Son lecteur en extrait le GTIN et le transmet au système de caisse, sans se connecter à internet. Le téléphone, lui, l'ouvre comme un lien, depuis l'appareil photo.

En pratique, les caisses des épiceries québécoises ne lisent pas encore les codes 2D, et GS1 Canada indique que beaucoup de détaillants évaluent encore leur préparation. Ambition 2027 (ou Sunrise 2027) est l'objectif des détaillants : lire ces codes à la caisse d'ici la fin de 2027. Ce n'est pas une échéance pour les marques. Notre guide Sunrise 2027 fait le tour de la question.

Le code-barres reste. Selon GS1 Canada, les UPC-A ne seront pas retirés. Aujourd'hui, le code QR GS1 sert donc surtout au téléphone. Placé près du code-barres et dimensionné selon les valeurs GS1, il a les meilleures chances de servir tel quel si les caisses québécoises se mettent à lire les codes 2D. Chaque détaillant pourra toutefois préciser ses propres exigences.

Pourquoi utiliser votre propre domaine

La caisse ne lit que ce qui suit /01/, donc n'importe quel domaine est conforme. GS1 recommande pourtant un domaine que la marque possède et contrôle : les gens reconnaissent votre nom dans le lien, et si la marque est vendue, le domaine part avec elle sans qu'il faille réimprimer les codes.

GS1 recommande aussi un sous-domaine réservé aux codes, comme id.votremarque.ca, pour qu'une refonte du site risque beaucoup moins de casser les codes.

À éviter : un code sur le domaine d'un générateur de codes QR. Chaque emballage imprimé dépend alors de l'abonnement de quelqu'un d'autre.

Qui fait la redirection : les résolveurs

Selon GS1, l'adresse imprimée ne devrait pas être celle d'une page web : elle identifie le produit, et une redirection mène à la page. Le serveur qui s'en charge s'appelle un résolveur.

Une redirection simple sur votre domaine

id.votremarque.ca/01/votre-GTIN renvoie vers la page du produit. N'importe quel webmestre sait le faire. C'est ce que fait notre démo : ouvrez-la ou scannez-la, elle mène à la page d'un produit fictif.

Le résolveur mondial de GS1

id.gs1.org est gratuit pour le public. Ses conditions d'utilisation précisent que les liens y sont fournis à GS1 ou à ses organisations nationales par l'entreprise ou ses mandataires, et ne garantissent pas une disponibilité continue. Surtout, l'adresse imprimée porte le domaine de GS1, pas le vôtre.

Un résolveur conforme à la norme GS1

La norme GS1-Conformant Resolver (version 1.2.1, août 2026) décrit un résolveur complet. Il choisit la page selon la langue du téléphone ou le type d'information demandé (allergènes, avis de rappel) et répond par une erreur, plutôt que par une fausse page, quand le produit est inconnu. GS1 fournit un logiciel de résolveur sous licence libre Apache 2.0. Pour une petite marque, la redirection simple suffit pour commencer, et elle peut évoluer sans toucher à l'emballage.

Ce que la page peut contenir

GS1 conseille de mener vers ce produit précis, pas vers une page d'accueil ou un réseau social. On y met ce que l'étiquette dit déjà (ingrédients, allergènes, valeur nutritive), ce qu'elle n'a pas la place de dire (conservation, recettes, certifications, points de vente) et ce qui change : une promotion, un nouveau format, un avis de rappel.

La redirection se modifie à tout moment sans toucher à l'emballage : GS1 donne l'exemple d'une promotion temporaire, après laquelle le lien revient à la page habituelle.

Pour l'ACIA, toute présentation qui fait la promotion d'un aliment est de la publicité, y compris sur internet. Une allégation nutritionnelle ou santé sur la page suit donc les règles de la publicité alimentaire.

Ce qui reste sur l'étiquette

Les renseignements obligatoires d'un aliment préemballé doivent figurer sur l'étiquette en français et en anglais, sauf quelques exemptions. GS1 Canada est clair : ajouter un code 2D ne permet pas de retirer des données réglementaires de l'emballage. La page complète l'étiquette ; elle ne la remplace pas.

La page en français, au Québec

L'article 52 de la Charte de la langue française exige que les catalogues, brochures, dépliants et autres documents de même nature offerts au public soient en français, « quel qu'en soit le support ». Une autre langue est permise si la version française est accessible dans des conditions au moins aussi favorables. L'OQLF applique cet article aux publications commerciales sur les sites Web : en janvier 2025, une entreprise montréalaise a été déclarée coupable une deuxième fois pour un site offert seulement dans une autre langue.

La loi ne nomme pas les codes QR, mais la réponse pratique est simple : un seul code sur l'emballage, une page qui s'ouvre en français, et l'anglais à un geste, jamais plus accessible que le français.

Aux marques anglophones d'ailleurs au Canada : si vos produits sont vendus au Québec, prévoyez la page en français dès le départ.

Le placement sur l'emballage

Le code QR s'ajoute au code-barres, il ne le remplace pas.

Où le mettre

Pour qu'une caisse puisse le lire un jour, placez-le près du code-barres. Selon GS1, des essais indépendants ont montré que le code 2D doit être à moins de 50 mm du centre du code-barres linéaire pour que la caisse garde sa cadence de 40 à 70 articles à la minute.

S'il sert seulement aux téléphones, il peut aller sur la face avant ou sur un côté. GS1 met en garde contre l'entre-deux : sur le même panneau que le code-barres, mais dans un autre coin, les deux codes risquent d'être lus ensemble et de déclencher une transaction non voulue.

Près d'un code-barres qui affiche déjà ses chiffres, le code QR n'a pas besoin des siens. Seul sur l'emballage, un code 2D doit afficher le GTIN à 14 chiffres en clair.

Zone de silence, taille et couleurs

Un code QR exige une marge vide de quatre modules (4X) sur ses quatre côtés, contre un seul pour un GS1 DataMatrix. Avec un module de 0,495 mm, cela fait 1,98 mm de blanc tout autour, sans texte, motif ni pli.

Code destiné à la caisseValeur GS1
Taille du module (dimension X)0,396 mm au minimum, 0,495 mm visé, 0,990 mm au maximum
Zone de silence4X sur les quatre côtés
Qualité minimale à la vérification1.5/12/660
Adresse encodéeForme non compressée

Des modules foncés sur fond clair, idéalement noir sur blanc. Les lecteurs de caisse éclairent en rouge (660 nm) : un code rouge, orange ou jaune devient difficile, voire impossible, à lire. Évitez aussi les dégradés. Les logos et les formes personnalisées sont à éviter sur un code destiné à la caisse ; si vous y tenez, chaque code modifié doit être vérifié selon la norme ISO/IEC 15415. Enfin, plus l'adresse est courte, plus le code est petit.

Liste de vérification avant l'impression

  1. Le bon GTIN, celui du code-barres de ce format précis, écrit sur 14 chiffres. Voir notre guide codes-barres et GTIN.
  2. Votre domaine (idéalement un sous-domaine comme id.), puis /01/ et le GTIN, sans rien de superflu.
  3. Un lot ou une date seulement si le code est imprimé sur la ligne de production.
  4. L'adresse validée avec le GS1 Barcode Syntax Resource (l'ancien générateur de GS1 est déprécié).
  5. La redirection testée sur un iPhone et un Android : elle mène à la page de ce produit, pas à l'accueil.
  6. La page en français d'abord, l'anglais à un geste, et les données identiques à celles de l'étiquette.
  7. Le code à moins de 50 mm du centre du code-barres s'il doit servir en caisse ; sinon, sur un autre panneau.
  8. La zone de silence de 4X libre sur les quatre côtés.
  9. Des modules foncés sur fond clair, pas de rouge, et un module entre 0,396 et 0,990 mm.
  10. Une épreuve imprimée vérifiée avant le tirage. Le service de vérification de GS1 Canada ne liste pas le code QR parmi les symboles qu'il teste : prévoyez un vérificateur qui note les codes 2D.
  11. Toutes les mentions obligatoires toujours sur l'étiquette, dans les deux langues.

Questions fréquentes

On a déjà un code QR sur l'emballage. Faut-il le changer ?

Pas avant la prochaine impression. GS1 Canada précise qu'un code QR GS1 utilise le même GTIN que votre code-barres et peut mener à la même adresse que votre code actuel. À la prochaine impression, on le remplace par un code QR GS1 qui mène à la page du produit.

Le code QR GS1 remplace-t-il le code-barres ?

Non. Selon GS1 Canada, les codes UPC-A ne seront pas retirés, et aucune date de retrait n'a été annoncée.

Faut-il un code pour le français et un autre pour l'anglais ?

Non, un seul. La page offre les deux langues, et un résolveur conforme peut choisir selon la langue du téléphone.

Est-ce obligatoire pour 2027 ?

Non. Ambition 2027 est un objectif pour les caisses des détaillants. Pour les propriétaires de marque, GS1 Canada écrit que la transition est facultative et que c'est la marque qui choisit le moment. Voir notre guide Sunrise 2027.

Un changement de recette ou de format exige-t-il un nouveau code ?

Seulement s'il exige un nouveau GTIN, car chaque GTIN a son propre code QR GS1. Sinon, le code reste et on met la page à jour. Notre guide codes-barres et GTIN explique quand un nouveau numéro s'impose.

Sources

Toutes consultées le 22 septembre 2026.

  1. Quick start guide for GS1 Digital Link, GS1, 2024 (en anglais).
  2. Best practices for creating your QR Code powered by GS1, GS1, 2023 (en anglais).
  3. Connecting barcodes to related information, GS1, édition 2026 (en anglais).
  4. GS1 Digital Link Standard: URI Syntax, version 1.7.0, GS1, août 2026 (en anglais).
  5. GS1-Conformant Resolver Standard, version 1.2.1, GS1, août 2026 (en anglais).
  6. 2D Barcodes at Retail Point-of-Sale Implementation Guideline, version 1.1.0, GS1, décembre 2025 (en anglais).
  7. GS1 2D Barcode Colour & Quality Guide, version 1.0, GS1, février 2025 (en anglais).
  8. GS1 Resolver Terms of Use, GS1, version du 1er juillet 2020 (en anglais).
  9. GS1 Barcode Syntax Resource et la note de dépréciation du GS1 Digital Link Barcode Generator, GS1 (en anglais).
  10. Transition au 2D, commerce de détail : foire aux questions, GS1 Canada, septembre 2025.
  11. Codes à barres 2D, GS1 Canada.
  12. Barcode Scan Verification, GS1 Canada (en anglais).
  13. Étiquetage bilingue des aliments, ACIA, modifié le 3 septembre 2025.
  14. Exigences relatives à la publicité d'aliments, ACIA, modifié le 16 août 2024.
  15. Charte de la langue française, RLRQ, c. C-11, articles 51 et 52, LégisQuébec, à jour au 10 juin 2026.
  16. Infraction à la Charte de la langue française : le site Web de Fournitures Hermes inc., OQLF, 9 mai 2025.